Une batterie de tondeuse, un diagnostic par l'IA, et un client perdu
280 euros de réparation annoncés pour ma tondeuse, un diagnostic posé en quelques échanges avec Gemini, une batterie commandée à 155 euros : ce que l'IA change quand un client peut vérifier ce que lui dit son réparateur.

Un devis de 280 euros
Ma tondeuse à batterie était en réparation au magasin STIHL de vente et de réparation de matériel de jardinage et de motoculture, chez qui je vais depuis de nombreuses années, pour la tondeuse comme pour la tronçonneuse. Le verdict est tombé : 280 euros pour changer une pièce dont je n'ai pas bien compris la nature. Je l'avais achetée en 2019, la marque est réputée, et il me coûtait de remettre 350 euros dans du neuf alors qu'elle voulait bien encore tourner par moments. Je suis donc reparti avec ma tondeuse non réparée, j'ai chargé la batterie, et la tondeuse a démarré avant de s'arrêter au bout de 5 à 10 minutes, sans que les voyants n'indiquent pourtant une batterie vide.
La question posée à Gemini
J'ai alors interrogé Gemini, devenu mon « coach » sur beaucoup de sujets, en lui décrivant le problème : « Une batterie Stihl en fin de vie peut-elle se charger correctement, afficher 4 diodes vertes, et permettre de tondre sans interruption pendant 10 minutes, mais ne plus redémarrer après une pause ? » La réponse est arrivée sans détour : oui, et le phénomène porte un nom, la chute de tension sous charge.
Le chargeur et l'indicateur à diodes mesurent la tension de la batterie au repos, et une batterie en fin de vie peut encore atteindre sa tension maximale, environ 42 V pour une batterie de 36 V nominal : le chargeur s'arrête, affiche ses 4 barres, et tout semble normal. Avec le temps et les cycles de charge, la résistance interne de la batterie augmente pourtant. Pleine, elle fournit encore assez d'énergie pour faire tourner le moteur pendant une dizaine de minutes ; dès que sa charge descend à 70 % ou 80 %, elle ne délivre plus l'intensité que réclame la tondeuse.
Une batterie à 155 euros, et un commerçant contourné
Quelques échanges plus tard, le diagnostic était affiné et le bon modèle de batterie identifié ; Gemini m'a au passage recommandé une AK30 plutôt que mon AK20, pour gagner en autonomie. J'ai commandé la batterie sur un site qui la proposait à 155 euros, livraison comprise. J'ai donc économisé 195 euros par rapport à une tondeuse neuve, et la déchetterie attendra encore un peu avant de voir ma tondeuse, ce qui est aussi une bonne action sur le plan écologique ; mais mon commerçant a probablement perdu un client fidèle.
L'IA va-t-elle réellement détruire des emplois, ou va-t-elle surtout pousser les professionnels à être plus compétents et plus honnêtes ? Le gérant n'était peut-être pas mal intentionné, mais tester la batterie me semble être un réflexe de base, et c'est précisément le contrôle qu'un client équipé d'un assistant peut désormais faire lui-même, depuis son canapé.
Pour prolonger
L'emploi arrivait en deuxième position des inquiétudes relevées par l'enquête d'Anthropic auprès de 81 000 utilisateurs, juste derrière le manque de fiabilité. La question posée sur LinkedIn à la parution de ce texte portait sur l'autre versant : utilisez-vous l'IA pour vérifier le diagnostic de votre réparateur, et que feriez-vous vis-à-vis du commerçant ?
Alexandre Vannier