Quel smartphone sera le plus smart en 2026 ?
Après 19 ans sur iPhone, je suis passé à un Pixel 10 Pro pour explorer l'IA sur mobile. Deux semaines plus tard, ce que change Gemini quand il est intégré au système plutôt qu'installé comme une application.

19 ans de vie commune
En 2007, j'ai eu la chance d'être parmi les premiers possesseurs d'iPhone en France, un collègue m'en ayant rapporté un de New York au lancement. Inconditionnel de l'iPhone depuis, et plus largement d'Apple, je suis pourtant passé sur Android en m'équipant d'un Pixel 10 Pro de Google. Les comparatifs le disaient techniquement très compétitif face au dernier modèle d'Apple, pour un prix sensiblement inférieur, mais ce qui m'a décidé est surtout mon souhait d'être équipé au mieux pour explorer l'IA, en plus de pouvoir pleinement utiliser les outils Google Workspace dont je me sers tous les jours depuis des années.
L'IA se joue aussi sur mobile
L'intelligence artificielle est devenue un sujet omniprésent (trop ?) sur LinkedIn, mais la plupart des publications que je vois passer se concentrent sur les performances de la dernière version de tel ou tel modèle de langage, ou sur les gains de temps promis par l'automatisation au moyen d'agents. Je crois peu en l'automatisation, sauf cas spécifiques, et je considère que les outils connus, ChatGPT, Claude, Mistral ou Gemini, sont déjà bluffants si l'on prend le temps de bien les tester et de les employer pour le bon usage, avec les bonnes instructions. Je m'intéresse davantage à la façon dont l'IA va changer l'expérience numérique des utilisateurs, dont 60 % à 65 % se passe sur mobile.
Or Apple, dont le système mobile reste en tête aux États-Unis et dans certains pays européens, est le grand absent (perdant ?) de ce mouvement. Le lancement d'Apple Intelligence en 2025 a été une grosse déception, voire un non-événement, et c'est assez logiquement qu'Apple venait d'annoncer l'intégration de Gemini, l'IA de Google, au cœur de Siri. L'infrastructure Google Cloud ne servirait plus seulement au stockage des données, comme c'est le cas depuis de nombreuses années, mais aussi au calcul, sur des processeurs conçus par Google pour l'IA : Google Cloud devient en somme le cerveau déporté de l'iPhone pour les tâches complexes.
Gemini sur Pixel, Gemini sur iPhone
Puisqu'Apple intègre à son tour Gemini, on pourrait penser qu'à caractéristiques techniques égales l'expérience serait identique sur iOS et sur Android. Mon intuition était au contraire que l'écosystème serait mieux exploité sur Android, sans les surcouches logicielles qu'Apple ajoutera, notamment pour traiter certaines requêtes localement avec sa solution maison. Après 2 semaines d'utilisation, voici ce que j'ai constaté.
| Critère | Sur Pixel | Sur iPhone |
|---|---|---|
| Intégration | Gemini est au cœur d'Android : il peut remplacer Google Assistant, s'active par « Hey Google », le bouton d'alimentation ou un geste, et interagit avec les réglages, les applications et les notifications | Gemini reste une application tierce, sans accès profond à iOS |
| Actions système | Envoyer un SMS ou un message WhatsApp, lancer une application, modifier un réglage (Wi-Fi, Bluetooth, alarme, mode avion...), résumer des notifications ou des appels | Accès très limité aux fonctions système, Siri impossible à remplacer, actions indirectes ou inexistantes |
| Écosystème Google | Gmail, Docs, Sheets, Drive, Agenda, Maps, YouTube... : les actions entre applications, comme « résume ce mail et ajoute un rappel », sont plus fiables et plus rapides | Même services, sans ce lien direct avec le système |
| Fonctions propres | Filtrage des appels, mise en attente assistée, résumé des appels, calculs locaux sur la puce Tensor, meilleure continuité entre hors-ligne et en ligne | Dépendance plus forte au cloud, donc à la connexion, et pas d'accès aux fonctions téléphoniques avancées |
| Mises à jour | Les nouvelles fonctions arrivent d'abord sur Pixel, sans attendre une mise à jour majeure d'Android | Déploiement plus lent, soumis aux règles de l'App Store et au calendrier d'iOS |
| Fluidité | Un assistant central, une interface cohérente avec Android, pas de va-et-vient entre applications | Expérience fragmentée, passages constants d'une application à l'autre, Gemini à côté de Siri plutôt qu'à sa place |
Ce que je retiens
Choisir Gemini sur un Pixel plutôt que sur un iPhone, c'est disposer d'un assistant réellement utile parce qu'intégré au système, et bénéficier des nouveautés de l'IA en premier : le téléphone mérite alors enfin son nom de « smart »-phone. La question posée sur LinkedIn à la parution de ce texte reste ouverte : pour explorer l'IA sur mobile, Android ou iOS ?
Alexandre Vannier