Facturation électronique : 6 plateformes agréées pensées pour une PME
Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise doit pouvoir recevoir ses factures par une plateforme agréée, et les PME émettront les leurs au 1er septembre 2027. Sur les 155 plateformes de la liste officielle, nous en avons retenu 6, françaises et aux prix publics : ce qu’elles coûtent, et ce qui les sépare réellement.

Ce que la réforme impose, et à quelle date
Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise concernée par la réforme doit être capable de recevoir des factures électroniques, par l’intermédiaire d’une plateforme agréée. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire émettent déjà les leurs par ce canal ; pour les PME, les TPE et les micro-entreprises, l’émission devient obligatoire au 1er septembre 2027. Le guide pratique de démarrage publié par la DGFiP admet une période de tolérance pour les difficultés réelles et documentées, en précisant qu’elle ne constitue « ni un report ni une suspension de l’obligation ».
Les entreprises ont plutôt bien franchi la première marche. Selon le baromètre Bpifrance Le Lab et Rexecode, mené auprès de 1 113 TPE-PME du 24 août au 3 septembre 2026, 91 % se disaient prêtes à recevoir et 44 % déjà prêtes à émettre ; 38 % des dirigeants y voient une contrainte, 21 % une opportunité. Il reste donc un an à plus de la moitié d’entre elles pour choisir l’outil qui émettra leurs factures : assez pour comparer, et pour en changer sans le subir, sachant que leurs clients grands comptes, déjà tenus d’émettre, risquent de leur poser la question avant l’échéance.
155 plateformes, 6 retenues
La liste officielle des plateformes agréées, tenue par la DGFiP, compte 155 opérateurs dans sa version du 13 octobre 2026 (ils étaient 149 au 22 septembre), et 11 autres attendent la fin de leurs tests d’interopérabilité. Nous en avons retenu 6 sur trois critères : un éditeur français, une offre faite pour une TPE ou une PME, des prix publiés sur son site. Axonaut et Odoo, pourtant agréés, sont restés hors de la sélection faute d’un prix que nous ayons pu lire sans ambiguïté en euros hors taxes.
Les prix ci-dessous ont été relevés le 9 octobre 2026 et relus le 19 octobre sur les pages officielles des éditeurs, hors taxes. Ils changeront.
| Plateforme | Entrée de gamme | Agréée le | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Pennylane | 7 € par mois, 1 utilisateur | 11 décembre 2025 | indépendants, TPE, PME |
| Tiime | gratuit, puis 9,99 € par mois | 18 décembre 2025 | TPE de 0 à 20 salariés |
| Indy | gratuit, puis 9 € par mois | 9 janvier 2026 | indépendants, petites sociétés |
| Qonto | 9 € par mois | 18 décembre 2025 | TPE et PME clientes de la banque |
| Sellsy | 29 € par utilisateur et par mois | 24 décembre 2025 | PME avec une équipe commerciale |
| SuperPDP | gratuit jusqu’à 1 000 factures par mois | 22 décembre 2025 | TPE et PME qui relient leur logiciel |
Le prix d’entrée dit peu
Quelques euros par mois, parfois rien : à ce niveau, l’écart entre les 6 ne pèse pas dans le budget d’une PME. Ce qui les sépare est le périmètre de l’outil, facturer seulement, tenir sa comptabilité ou encaisser, et la place qu’il laisse à l’expert-comptable.
Tenir la comptabilité. Pennylane intègre la facturation électronique à chacune de ses formules : de 7 € par mois en Starter à 79 € en Premium, qui ajoute le module comptable, chaque plan comprenant jusqu’à 1 200 factures par an. Cette grille vise les indépendants et exige, pour l’entrée de gamme, l’ouverture du compte professionnel Pennylane ; les PME reçoivent une offre sur devis. Tiime reçoit et émet gratuitement dans son offre Free, puis facture selon la taille de l’entreprise, de 9,99 € par mois en Initial (compte professionnel Tiime obligatoire) jusqu’à 65,99 € en Business, et sur devis au-delà de 20 salariés ; l’éditeur revendique 3 000 cabinets partenaires. Indy, gratuit dans son offre Essentiel puis à partir de 9 € par mois, suit les sociétés à l’impôt sur les sociétés dès 49 € par mois, mais ne tient pas encore la comptabilité des sociétés à l’impôt sur le revenu ni des activités agricoles.
Encaisser. Qonto est une banque en ligne, établissement de paiement agréé et supervisé par l’ACPR, devenue plateforme agréée : devis et factures dès le plan Basic à 9 € par mois, puis 49, 109 et 199 € pour les formules destinées aux équipes. Ce n’est pas un logiciel de comptabilité, et l’accès de l’expert-comptable ne commence qu’au plan Smart, à 19 € par mois.
Vendre. Sellsy part de la relation client et facture dans la même licence : 29 € par utilisateur et par mois pour la seule offre commerciale, 49 € avec la facturation, 2 utilisateurs au minimum et un engagement de 12 mois sur toutes les formules, pour des données hébergées en France. Il figure sur la liste de la DGFiP sous le nom TeamSystem Sellsy.
Relier son propre logiciel. SuperPDP se distingue des cinq autres : c’est une plateforme agréée sans logiciel de gestion autour. Son compte en ligne permet d’émettre et de recevoir gratuitement jusqu’à 1 000 factures par mois, avec un minimum de facturation de 10 € par an ; au-delà, il bascule sur l’offre API, à 0,01 € par facture. C’est l’une des deux plateformes que Dolibarr, logiciel libre de gestion, permet de relier, au moyen d’un module dont la fiche indique encore le statut expérimental au 8 octobre 2026, la transmission des données de transaction (e-reporting) étant annoncée pour le début de 2027.
La place de l’expert-comptable
La réforme a fait de l’expert-comptable le premier conseiller numérique des petites entreprises. Selon le Baromètre France Num 2026, 41 % des dirigeants de TPE-PME s’adressent à lui pour être conseillés sur le numérique, 23 points de plus en un an, et la facturation électronique arrive en tête de leurs projets pour 2026-2027, à 39 %. Le choix de la plateforme passera donc souvent par lui, et ces trois questions méritent d’être posées avant de signer.
- Mon logiciel est-il une plateforme agréée, ou une solution compatible qui dépend d’une autre plateforme ? Seule la première figure sur la liste de la DGFiP.
- Que coûtent la réception et l’émission ? Incluses dans l’abonnement, gratuites sous un seuil ou facturées à la facture, les 6 plateformes ci-dessus pratiquent les trois.
- Que se passe-t-il si je change d’outil ? L’export des écritures et des factures se prévoit dès le départ.
La troisième question rejoint le constat de notre publication sur les dépendances logicielles des PME : une entreprise qui peut exporter ses données dans un format ouvert reste libre de changer de fournisseur, quel que soit son prix.
Et dans votre entreprise
La question que pose Alexandre sur LinkedIn reste ouverte : pour la réception, quelle plateforme avez-vous désignée, et sur le conseil de qui, votre logiciel, votre expert-comptable ou votre banque ? Si le choix de l’émission se pose chez vous d’ici septembre 2027, nous pouvons en parler.