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Intelligence artificielle

Former les fédérations de la CGF à l’IA à partir de leurs tâches

Avant d’animer la journée IA du Conseil des fédérations de la CGF, nous avons interrogé les participants sur leurs usages, leurs outils et leurs réserves. La journée a été construite sur leurs tâches réelles, et elle s’est terminée sur des engagements à 90 jours.

Animation réalisée avec Claude et ElevenLabs pour le son

Le mercredi 21 octobre 2026, nous avons animé la séance du Conseil des fédérations de la Confédération des Grossistes de France (CGF) consacrée à l’IA. La CGF en a rendu compte le lendemain. Cette page détaille comment la journée a été construite, parce que sa préparation a compté autant que son animation.

Un questionnaire envoyé avant la séance

Avant la journée, nous avons demandé aux participants de décrire leur environnement de travail, les outils qu’ils pratiquent, les tâches qui leur prennent le plus de temps et leurs réserves. Le principe est simple : un atelier bâti sur un exercice générique produit des résultats génériques, dont le participant conclut souvent que l’outil ne concerne pas son métier.

Les réponses dessinaient un tableau très répandu. Presque tous utilisaient déjà l’IA, régulièrement ou de temps en temps, mais chacun à sa manière : ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini ou Mistral, en version gratuite ou payante. Les usages restaient surtout bureautiques (reformuler, synthétiser, rédiger un compte rendu). Les tâches jugées les plus chronophages se rangeaient en cinq familles :

  • rédiger courriers, notes et comptes rendus ;
  • préparer présentations et supports ;
  • suivre l’actualité réglementaire ;
  • organiser les événements ;
  • produire la communication.

La veille dominait les commentaires libres. Les réserves, elles, étaient concrètes : ce que deviennent les documents confiés aux outils, des réponses parfois fausses, un style trop reconnaissable, et la difficulté de choisir le bon outil puis de former les collaborateurs. Côté attentes, les participants voulaient gagner du temps, comprendre les agents, savoir ce qui pourrait se mutualiser entre fédérations, et fiabiliser leurs usages.

Une journée bâtie sur leurs tâches

La séance s’est tenue de 9h à 15h à la CGF, à Paris, et s’est prolongée par des échanges individuels avec les intervenants jusqu’à 17h. Après un tour de table et un quiz sur téléphone, nous avons restitué le questionnaire, puis fait le point sur l’IA en 2026 du point de vue d’une petite fédération : marché, coût réel, confidentialité, fiabilité, souveraineté.

Séance de travail autour de la table de réunion de la CGF : à droite, le formateur explique en désignant l’écran, où s’affiche une diapositive sur les principaux assistants d’IA ; à gauche, un participant l’écoute.

Nous avons ensuite présenté PROSE, la méthode que nous employons pour écrire une instruction à une IA : Persona, Règles, Objectif, Situation, Exécution. Appliquée à une question d’adhérent, elle conduit à une réponse sourcée, l’outil répondant à partir des textes qu’on lui fournit et non de sa mémoire. Le film en tête de page la déroule sur un cas simple, la présentation d’une assemblée générale. Trois règles de prudence la complètent, à tenir dès les 90 premiers jours : aucune donnée nominative dans un outil grand public, une source sur tout contenu réglementaire, une relecture humaine avant tout envoi.

Deux ateliers ont suivi. Le premier consistait à trier les tâches d’une fédération. Dans le second, chaque participant a rédigé puis testé sa propre instruction, avant une restitution devant les autres. Les cas d’exemple s’inspiraient des réponses au questionnaire :

  • répondre à une question d’adhérent en droit social, à partir du Code du travail et de la convention collective ;
  • structurer une veille réglementaire réutilisable ;
  • préparer un support de présentation sans reformuler le texte réglementaire ;
  • rédiger un courrier fidèle à la position de la fédération et qui ne « sonne » pas IA.

Chaque cas se terminait par une question à se poser avant d’exécuter. Par exemple : si l’outil cite un article que je ne lui ai pas fourni, comment saurai-je qu’il existe et qu’il dit bien cela ? C’est sur ces cas que la fiabilité et la confidentialité ont cessé d’être des principes pour devenir des choix à faire.

Ce que les participants ont décidé pour la suite

En fin de journée, chaque participant a noté sur une carte ce qu’il engageait dans les 90 jours. Nous les avons scannées et synthétisées le lendemain. Prises ensemble, elles parlent de :

  • veille, d’abord réglementaire, parfois confiée à un agent ;
  • nouveaux services pour les adhérents : questions-réponses sur la veille, inscriptions, FAQ, accueil des nouveaux adhérents ;
  • fondations communes : modèles de documents partagés, traitement des comptes rendus et suivi des décisions, guides de bonnes pratiques ;
  • calendriers, plusieurs étant organisés mois par mois.

Plusieurs fédérations prévoient de construire chacune de leur côté le même outil, et certaines envisagent de mettre en commun ce qu’elles s’apprêtaient à bâtir seules.

Ce que vise une formation sur mesure

En une journée, la tonalité a changé. Il ne s’agissait plus d’essayer un outil de plus, mais de se structurer : modèles communs à l’équipe, guides de bonnes pratiques, agents de veille. C’est ce que nous attendons d’une formation à l’IA sur mesure : qu’une équipe reparte en sachant ce qu’elle confie à l’IA et comment elle le vérifie. Un autre atelier pour une fédération est raconté dans cette publication.

Merci à la CGF pour sa confiance. Pour monter une formation de ce type dans votre organisation, parlons-en, en commençant par vos tâches.

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